L'oiseau et le cabot.
Un jour un bel oiseau
Tant de plumage que de chant,
Connu un doux cabot
Au cur câlin et pas méchant.
Pourquoi ne pas venir
Habiter sous le même toit,
S'empressa de lui dire
Notre cabot déjà papa ?
L'oiseau fut vite conquis
D'autant qu'il était esseulé,
Suite à une autre vie
D'où il avait su s'échapper.
Avec armes et bagages
Il s'installa chez le cabot,
Dévoilant son plumage,
Livrant ses atouts les plus beaux.
Mais au fil des semaines
Se serra doucement l'étau,
Refermant le penne
De la cage et de ses barreaux.
Car notre doux cabot
Ne supportant pas de le voir,
Rentrer le matin tôt,
Laissait la clé dans le fermoir.
Après deux ou trois mois,
L'oiseau finit par s'incliner,
Se privant de son Moi,
Il finit par tout accepter.
Il refusait de voir
Que petit à petit ses ailes,
Se repliaient le soir,
Là où elles étaient les plus belles.
Pourquoi faut-il que les cabots
Imposent leur loi aux oiseaux,
Les privant de tous leurs attraits
En les empêchant de voler ?
Quand on a la chance d'avoir un bel oiseau, il ne faut pas lui couper les ailes.